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Public-privé, c’est tous ensemble qu’on peut gagner

La confédération FO avait réuni le 12 décembre l’ensemble des fédérations nationales de tous les secteurs d’activité, du privé comme du public, pour faire le point sur la situation. Elles ont décidé alors à l’unanimité, avec le bureau confédéral, d’appeler à une mobilisation massive le 17 décembre.

Que le secrétaire général réunisse toutes les fédérations pour les écouter au milieu d’une mobilisation, c’est une première pour moi et c’était important, explique Dejan Terglav, secrétaire général de la fédération de l’alimentation FGTA-FO. La rencontre s’est tenue au lendemain du discours du Premier ministre, qui a confirmé sa volonté d’imposer un régime unique de retraite.

Public ou privé, c’est le même combat, même si ce n’est pas la même problématique, estime Sébastien Busiris, secrétaire général de la FEC-FO. Plus le gouvernement s’explique et plus la mobilisation est forte, personne ne peut croire que sa retraite sera meilleure.

Pour Clément Poullet, secrétaire général de la fédération de l’enseignement (FNEC FP-FO), l’unité de FO est essentielle.  Et le gouvernement a beau essayer de diviser les travailleurs et les générations, la force de la confédération c’est de rassembler tous les salariés, explique-t-il. La bataille est engagée avec tous les secteurs contre la liquidation de l’ensemble des régimes.

Même son de cloche chez Philippe Herbeck, secrétaire général de FO-Cheminots. Le gouvernement joue la division mais à FO ça a renforcé l’interpro, ajoute-t-il. C’est le tous ensemble qui peut nous permettre de gagner contre la réforme. FO est la troisième organisation chez les conducteurs et les contrôleurs, dont au moins les deux tiers se sont mis en grève dès le 5 décembre. Recentrer le débat sur les régimes spéciaux était de l’enfumage, ajoute le cheminot. Il faut éviter le corporatisme, tout le monde est attaqué. 

Forte mobilisation des salariés précaires

La bataille c’est pour les générations futures, estime Bruno Lefebvre, secrétaire général adjoint de FO-Transports. Dans ce secteur, la grève a été particulièrement suivie dans les transports urbains, le transport de fonds et chez les routiers. Patrice Clos, secrétaire général de la fédération, rejette en bloc la réforme qui supprimerait aussi le congé de fin d’activité. On a un accord sur la pénibilité qui est considéré comme un régime spécial et l’État veut faire en sorte de se désengager, dénonce-t-il.

La grève est aussi enracinée chez les enseignants. Il n’y aura pas de trêve tant qu’il n’y aura pas de retrait, prévient Clément Poullet. Plus personne ne croit Blanquer et ses promesses fumeuses. Après le blocage des salaires et la réforme du bac et du lycée, la rupture est consommée.

Du côté du privé, Dejan Terglav n’a pas souvenir d’une telle mobilisation à la FGTA-FO. Il évoque les AG organisées dans la grande distribution, les grèves particulièrement suivies dans la restauration collective ou l’agroalimentaire.  Tout le monde est prêt à suivre la confédération jusqu’à la victoire, ajoute-t-il.

Sébastien Busiris constate aussi une forte mobilisation chez les plus précaires, notamment les intérimaires, malgré la fragilité de leur statut.  Ils sont très anxieux, ils ont déjà subi la réforme de l’Assurance chômage, poursuit-il. Ils traîneront comme des boulets des années de bas salaires et une carrière hachée. Avec la réforme, c’est forcément de la retraite en moins. Ils pensent que leur avenir vaut la peine de perdre un jour de salaire ou une mission.