PEMF du Bas-Rhin : une alerte sociale face à une dégradation annoncée des conditions de travail !

Les organisations syndicales CFDT, FSU-SNUipp, SE-UNSA, SNUDI-FO et SNE-CSEN du Bas-Rhin ont décidé de déposer une alerte sociale concernant les maîtres formateurs (PEMF), pour l’ensemble de l’année scolaire 2025/2026.

Cette démarche intervient dans un contexte déjà fortement dégradé, alors que des modifications importantes des obligations de service sont envisagées par l’administration.

Une réforme qui alourdit fortement la charge de travail

Le projet présenté prévoit une augmentation significative de la charge et de l’intensité du travail des PEMF.

Or, ces enseignants jouent un rôle essentiel dans la formation initiale et continue :

  • accompagnement des professeurs stagiaires,
  • formation en constellations,
  • interventions à l’Inspé,
  • soutien aux équipes dans les circonscriptions.

Dans ces conditions, les organisations syndicales alertent : la qualité de l’accompagnement des stagiaires est directement menacée, plaçant les collègues dans un véritable conflit de valeurs. Le projet de l’administration est de diviser par deux les heures allouées à cette mission essentielle.

Des risques psychosociaux en forte hausse

Les missions des PEMF impliquent déjà un engagement important, y compris dans des situations humainement complexes avec des enseignants en difficulté.

L’alourdissement prévu du service ne pourra qu’accentuer :

  • la pression professionnelle,
  • la fatigue,
  • les tensions émotionnelles, avec un risque accru de dégradation de la santé des personnels.

Des décisions précipitées, sans concertation suffisante

L’intersyndicale dénonce également un calendrier inadapté.

Les changements envisagés pour la rentrée 2026 sont précipités, alors même que la réforme de la formation initiale n’est pas stabilisée. Les organisations syndicales demandent que les discussions se poursuivent dans un cadre serein, avec une mise en œuvre repoussée à la rentrée 2027, après une véritable concertation.

Des revendications claires pour préserver les missions

Face à cette situation, l’intersyndicale porte des exigences précises :

  • Refus de toute augmentation globale de la charge de travail
  • Maintien de la décharge de service à 33 %, condition indispensable à l’exercice des missions
  • Reconnaissance du volume réel de travail de suivi des stagiaires
  • Encadrement du temps consacré à la formation continue et à l’Inspé
  • Clarification et harmonisation des missions en circonscription à l’échelle départementale
  • Reconnaissance du temps d’autoformation, essentiel à la qualité des interventions

L’objectif est clair : garantir des conditions de travail permettant aux PEMF de remplir leurs missions dans le respect de leur engagement professionnel et de la qualité du service public.

Une alerte pour défendre la formation des enseignants

À travers cette alerte sociale, les organisations syndicales réaffirment leur attachement au service public d’éducation. Elles rappellent que la formation des enseignants ne peut reposer sur :

  • une surcharge de travail,
  • une dégradation des conditions d’exercice,
  • une absence de reconnaissance des missions.

C’est la qualité même de la formation des futurs enseignants qui est en jeu.

En attente d’une réponse de l’administration

L’intersyndicale demande désormais l’ouverture rapide de négociations et la transmission de documents essentiels à la compréhension de la situation (effectifs, évolutions de postes, cadre des missions…). Elle attend également que l’administration prenne la mesure de l’alerte et apporte des réponses concrètes dans les plus brefs délais.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’IA-DASEN du Bas-Rhin botte en touche et transfère le dossier à la Secrétaire Générale d’Académie, Claudine Macresy-Duport :

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